lundi 23 décembre 2013

A vous...

Chacun met dans cette fin d'année ce qui résonne : ses joies, ses attentes, ses espoirs, ses peines, ses fantômes, son indifférence, son exaspération, son plaisir... Pour certains, c'est une période faste et joyeuse, pour d'autres moins. Pour certains, c'est un moment symbolique fort, pour d'autres cela ne représente pas grand chose.

Personnellement cette fin d'année est bien différente de ce qu'elle a été il y a un an. Je peux y mettre cette année de la joie et de l'espoir, de la vie en fait. Je ne dis pas que j'aime plus cette période que par le passé mais je la vis différemment.

Alors à vous tous et toutes, quels que soient vos sentiments pour ces jours-ci, je vous souhaite de la sérénité et de la légèreté, du plaisir dans l'attente de l'année qui se profile aussi. Portez-vous bien, prenez soin de vous et des vôtres, et riez, riez autant que vous le pouvez car c'est la vie et c'est ce qui permet de résister.

Je vous laisse pour quelques temps... A très vite

mardi 17 décembre 2013

Il faut que je vous parle d'elle...

Il faut que je vous parle d'elle... J'ai tant à dire et pourtant je ne sais comment la raconter. Elle fait partie de ma vie depuis toujours et quand je ne suis pas avec elle, elle est présente à mon esprit. Elle a une place VIP dans mon cœur et sans elle je ne serais probablement pas la femme que je suis aujourd'hui.

43 ans nous séparent et pourtant nous sommes si proches. Elle me connaît par cœur je crois. Mais je ne suis pas sûre que je pourrais en dire autant en ce qui la concerne : elle est si secrète et discrète. Je n'ai vraiment commencé à la connaître qu'il y a vingt ans environ. Avant, ce ne sont que des images et quelques souvenirs. Elle était alors pour moi la voyageuse qui habitait loin et que l'on ne voyait qu'une ou deux fois par an.

vendredi 13 décembre 2013

Parfois

Parfois je voudrais ne jamais arrêter de rire
Parfois je voudrais que l'on me foute la paix
Parfois je voudrais que l'on me cajole, un peu, beaucoup mais pas trop
Parfois je voudrais me regarder le nombril sans me sentir coupable
Parfois je voudrais que le temps s'arrête et ne reparte jamais
Parfois je voudrais que l'on arrête de me dire ce que devrais faire, ce qui est bon pour moi
Parfois je voudrais que tu ne me lâches jamais la main
Parfois je voudrais être le centre du monde
Parfois je voudrais que tu n'essayes pas de me comprendre car tu ne peux pas, me comprendre
Parfois je voudrais ne pas être forte
Parfois je voudrais que l'on arrête de me dire que tout va bien se passer car je suis si forte
Parfois je voudrais que l'on m'entende, pas juste que l'on m'écoute
Parfois je voudrais ne jamais t'avoir connu, mais alors ma vie serait si fade
Parfois je voudrais que tout soit pris en charge
Parfois je voudrais disparaitre
Parfois je voudrais tou-te-s vous serrer fort dans mes bras
Parfois je voudrais t'avoir connu plus tôt
Parfois je voudrais savoir déborder tant pis s'il faut éponger
Parfois je voudrais n'avoir aucune décision à prendre
Parfois je voudrais que l'on ne compte pas sur moi
Parfois je voudrais ne pas être moi
Parfois je voudrais juste pouvoir être moi
Parfois...

jeudi 28 novembre 2013

Parts de Vous : Syon

Billet un petit peu particulier aujourd'hui : c'est le centième, oui le 100ème! J'ai hésité un moment. Faire un billet spécial en jouant avec les sens et sonorités du cent sans trop en faire mais finalement non. Quoi de plus chouette, je trouve, que de publier ce beau Parts de Vous. Après tout, ce blog existe aussi grâce à vous...

Vous connaissez le principe, je vous l'ai expliqué . Vous m'avez envoyé des textes tous différents et tous magnifiques. D'ailleurs, ça serait bien d'en envoyer d'autres!! Mon regard se pose sur l'un ou l'autre d'entre vous (ils et elles se reconnaitrons) car je suis dans l'impatience de les lire... Pour les autres : osez que diable! Lancez-vous, écrivez et transmettez le moi!

Aujourd'hui, donc, c'est Syon qui a accepté de partager une Parts de Vous particulière. Elle est plus philosophique et je trouve qu'elle porte à la réflexion. Oui, il nous parle de rires et de larmes, de joies et de peines. Il nous raconte sa manière d'aborder la vie et de comment il a appris à vivre avec ces paradoxes.
Il n'est pas là de manière anonyme, certain-e-s d'entre vous le reconnaitront. Il a accepté que les commentaires soient ouverts et y répondra. Place à ses mots...



« Je ne savoure jamais un grand moment de bonheur dans ma vie sans m'attendre à un grand moment de malheur. A croire que ma vie illustre parfaitement le proverbe malgache qui veut que le "doux se trouve dans l'amer".
Il ne s'agit pas des petits bonheurs épicuriens de la vie mais je parle des grands moments marquants de votre vie : L'obtention du baccalauréat, la demande en mariage, l'enterrement de vie de garçon, le mariage, les naissances ou encore l'anniversaire des 60 ans de votre maman.
Ces grands moments procurent des joies et des bonheurs indescriptibles qui structurent souvent votre vie. Pourtant pour ma part, lorsqu'arrive le jour de la célébration de ces moments souvent tant attendus, dans les jours ou heures qui suivent ou qui précèdent survient toujours une terrible nouvelle : souvent un décès d'un très proche (père, mère, grand-mère, meilleur ami) ou parfois grave accident.
Une part de moi accepte désormais que tous ces moments magiques, magnifiques, importants et emplis de bonheurs ont été accompagnés systématiquement d'un grand malheur.
Celui de mon mariage a sans doute été le plus marquant. J'avais confié à mon père la préparation de mon mariage. Je savais que le plus beau cadeau de la vie que je puisse faire à mon père était de lui donner les clés de cette préparation. Dans cet acte, il y avait des remerciements, de la reconnaissance mais aussi de la fierté. Pendant un an, il s'est attelé sans relâche à préparer minutieusement ce grand moment. Une mort foudroyante l'a emporté quelques jours avant le mariage. Que faire ? Dilemme ? Faire une fête en portant le deuil tout frais de son père alors qu'il s'agit normalement du plus beau jour de votre vie ?
On apprend beaucoup de soi dans ces moments mais surtout, j'ai appris à savourer comme il se doit les moments de bonheur qui n'appartiennent qu'à moi. Je n'ai jamais été épargné par cette dualité dans les faits, désormais, je savoure et je suis préparé au pire... cela fait partie intégrante de moi. »

jeudi 21 novembre 2013

Ca suffit... Il faut que ça s'arrête!!

Pour qui vient sur ce blog et lit ce que j'y dépose, vous avez peut-être perçu que je me sens concernée par l'environnement. Je ne suis active dans aucune association. Je roule en diesel (je sais, c'est pas bien), je fume (oui, là encore, je sais, c'est pas bien), je ne mange pas Bio certifié et deux ou trois autres trucs.
Toutefois, je favorise les circuits courts dans l'achat de mon alimentation (locavore est le terme adéquat) et dès que je peux c'est directement auprès des producteurs que j'achète. J'ai un bac à compost derrière ma maison, je recycle, j'évite d'utiliser des pesticides dans mon jardin (vraiment, vraiment, je fais de mon mieux), je fais attention à mes consommations d'énergie et d'eau, je favorise le train à la voiture (#jaimeletrain, vous le savez...) et deux ou trois ou quatre ou cinq autres trucs.
Je vis à la campagne et les problèmes d'environnement, c'est aussi au quotidien que j'en entends parler et que j'y suis confrontée. Oui, ma campagne, c'est pas une jolie carte postale bucolique de vacances. C'est une campagne avec des agriculteurs, de l'agroalimentaire, des élevages, des usines de productions diverses, des gens qui travaillent dur. Ma campagne, c'est un territoire avec des gens qui vivent dedans et qui a besoin de subsister. C'est la campagne qui est belle, qui pue, qui produit, qui pollue, qui lutte, qui survit, qui protège, qui avance... Le monde rural quoi, pas la petite maison dans la prairie, avec toutes ses imbrications et sa complexité.
Bref, je ne suis pas une écolo engagée au sens politique ou associatif mais je suis convaincue d'une chose : nous ne sommes que de passage sur notre bonne vieille Terre et nous en sommes dépositaires, pas propriétaires. Donc, la moindre des choses, c'est de ne pas faire n'importe quoi. Nous sommes collectivement responsables de l'état des lieux = de ce que nous laissons derrière nous aux générations suivantes. En ce qui me concerne, ces générations ont des prénoms et des visages : Julien, Margaux, Hannah, Claire, Benoit, Timothée, Émeline, Ambre, Alexandre, Olivier, Clémentine, Anne-Laure, Mathis, Tim, Matéo, ... Et il y a tous ceux que je ne connais pas mais que vous, vous connaissez.
La question de la surpêche et des quotas, tout ça, j'y suis sensible. Préserver la ressource, c'est vital et incontournable. Le problème du chalutage en eaux profondes, j'en avais déjà entendu parler mais je n'avais pas percuté qu'il y avait des échéances proches et que c'était maintenant qu'il fallait agir.
Pénélope en a parlé là et vachement bien je dois dire. Elle explique, argumente et présente les choses de manière claire.
Bloom a un site très bien fait aussi et clair, pédagogique.
J'ai cliqué chez l'une d'un air distrait et j'ai terminé ma lecture furax. Alors je suis allée chez les autres et j'ai exploré plus, à en devenir encore plus furax.
Merde, ils nous ont bousillé le dessus et maintenant, ils nous bousillent le dessous ?!! Et quand je dis « ils », je ne parlent pas des pêcheurs sur leurs bateaux qui travaillent proches de nos côtes. Ou même de la pêche hauturière.Non, je parle bien des armateurs, propriétaires de ces usines flottantes qui sont en train de ravager nos fonds marins, pour nous refourguer de la merde à bouffer. Et tout ça pour quoi ?? Et ne venez pas me dire "nourrir les gens" parce que ça n'est absolument pas ça!
Dites, la perche du Nil, ça vous a pas suffit ?? Faut remettre ça ?

J'en entends déjà me dire : « ouais mais on a pas de pouvoir, c'est dans les hautes sphères que ça se décide, et tout et tout » : alors je vais vous paraitre simpliste mais 1/ ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières 2/ mieux vaut faire quelque chose de petit que de ne rien faire 3/ les « hautes sphères » ben on peut aussi leur mettre le nez dans le caca

J'en entends aussi me dire « ouais mais attends quoi, tes préoccupations, c'est des trucs de bobo écolo. Y'a la misère dans le monde et des gens qui meurent de faim quoi ! » Oui et vous avez raison. Maintenant, 1/ si on laisse derrière nous un monde stérilisé et agonisant écologiquement parlant, on pourra encore moins travailler ensemble à réduire ce genre d'inégalités 2/ les armateurs et ce chalutage de grande profondeur, vous avez lu quelque part qu'ils avaient une action positive pour résoudre ces problèmes ? Non, je ne crois pas 3/ Je ne vous demande pas de devenir activiste militant sur le terrain et d'aller au devant de ces chalutiers énormes sur un petit zodiaque pour les empêcher de pêcher. Je ne vous demande rien d'ailleurs.

En ce qui me concerne, j'ai signé la pétition. Ça m'a pris moins d'une minute pour le faire. Aujourd'hui, il reste 18 jours pour faire nombre, masse, front et pour montrer que l'on se sent concerné.
J'ai aussi décidé autre chose, à titre personnel. Je savais qu'Intermarché était l'un des (si ce n'est le plus) gros armateur de bateaux de pêche du pays. Je ne mesurais pas ce que cela impliquait. Je ne peux plus dire que je ne sais pas. Je n'y mettrai donc plus les pieds. Terminé.

Voilà. Je vous invite à signer la pétition. A la relayer. A faire tourner. Faites du bruit quoi !!! Chacun est libre bien sûr et il n'y a pas à jeter l'anathème.
Seulement, maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas...

Edit de 16h00 :  divers sites et journaux en parlent si ça vous intéresse
Rue89 
Politis 
20 minutes 
(merci @Corbeau2course pour avoir attiré mon attention sur les deux derniers)

        

vendredi 25 octobre 2013

Brève - Colère

Colère. Celle qui déferle sans barrières et que je parviens à retenir avec peine. Elle est chatoyante dans sa noirceur. Moirée dans ses replis sombres. Elle est ma part d'ombre enfouie loin et confinée comme en cellule d'isolement. Surtout ne jamais la laisser être libre tant elle est effrayante, tant elle m'effraye. Je sais ce qu'elle me fait. Je sais ce que je peux devenir si je la laisse s'échapper. Méchante. Violente. Mauvaise. Froidement et sans aucun état-d'âme. Elle peut me paraitre attirante parfois et me chante une mélodie à laquelle il pourrait être si facile de succomber. Cette part-là de moi, je la refuse. Alors j'ai appris à la contenir, à la brider, à la transformer. Je peste, je bouillonne, je rage, je grogne, je râle, je trépigne, je maudis, je serre les dents. Je marche, je nettoie, je cuisine, j'écris, je photographie, je respire. Je résiste. Je m'arc-boute à cette porte et je m'oppose à ce qui y cogne. Je sais que si elle venait à s'évader, je volerais en éclat comme cette tasse sur le carrelage, perdant, par la même occasion, les bouts de moi qui me font être qui je suis aujourd'hui. C'est séduisant la colère et c'est toxique. Y céder ne ferait qu'empirer la spirale. Colère – blessure – peine – culpabilité. Sans fin. 


mercredi 23 octobre 2013

Toile

Autre petit exercice auquel, avec quelques autres Twittos, nous nous amusons...
Cette fois-ci : à partir d'une photo envoyée par l'un(e) à un(e) autre, écrire une histoire de 500 mots maximums... 

La photo :  


L'histoire :
Il n'y a que la lumière bleutée de son écran qui se reflète dans ses lunettes et le staccato fiévreux de ses mots sur la clavier. Tout est endormi Ici. Elle est telle une veilleuse qui garde leur sommeil. Elle est Ici et Lui est Làbas. Comment ils se sont trouvés importe peu. Petit à petit, au fil des nuits, des jours, des heures, ils ont tissé la trame de ce qui les lie. Si éloignés et pourtant à quelques bits et clics l'un de l'autre.

Cela a commencé par quelques mots d'une banalité terne sur le temps, la vie, la crise. Puis, il y a eu des touches plus personnelles, des smileys et des questions. Les tweets sont devenus des DM qui n'ont plus suffis car 140 c'est si court. Alors y a eu les mails de plus en plus longs, de plus en plus rapprochés. Lui est Làbas et Elle est Ici. La « magie » de la Toile... Elle lui a lu quelques lignes et il y a répondu. Puis ils se sont échangé de la musique. Ils se sont fait découvrir leurs univers sonores, visuels, intimes. Pourtant ils n'ont pas voulu ni se parler directement ni s'échanger de photos. Non. Cultiver l'attente. Attiser l'envie. Déclencher le désir.

Chaque jour à Elle de ses nuits à Lui est rythmé par les quelques notes du téléphone qui la ramène constamment à ce qui les accroche. La Toile s'étend d'une rive à l'autre pour mieux les réunir. Il travaille quand elle devrait dormir. Et pourtant, elle passe une partie de ses nuits engluée à son écran pour faire un peu partie de ses jours. Ils sont l'Une Ici et l'Autre Làbas. Chacun sait tout de la vie de l'autre constamment connectés l'un à l'autre. Ils ont fini par se parler et par se raconter. Twitter, Gmail, Facebook, Viber, Gtalk, Instagram, Snapchat, Skype, les textos, le téléphone... Tout pour communiquer et ne jamais casser le lien. Il fait partie de sa vie plus surement que s'ils vivaient ensemble.

Il connait ses fantasmes. Elle sait ses envies. Ils se chuchotent le plus intime et s'écrivent le plus brûlant des heures entières. Ils se touchent du bout des doigts en direct live. Elle connait chaque pixel de son visage. Toutes les émotions qui déferlent et les sentiments qui l'habitent se résument au contact de ses doigts sur quelques touches de plastique.

Elle le croyait Làbas mais Il est Ici. Il sait tout d'elle et surtout il sait comment la trouver. Ce qu'il préfère entre tout est l'instant où elles ouvrent leur porte l'air un peu interrogatif puis surpris avant de prendre peur. Ce qu'il préfère par dessus tout, c'est la traque. Tisser sa toile sur la Toile. Ce soir, il vient collecter ce qu'il considère être son dû. Ce soir, il est à sa porte... #OFF 



NB :  La photo m'a été transmise par @Gregatort.  C'est un cliché d'une toile de Magritte (que j'adore)  intitulée "les Amants".
Les autres participants sont @Lactimelle , @RienARedire et @Venise3 . En cliquant sur les liens, vous arriverez directement sur leurs blogs afin de voir leurs images et de lire leurs histoires... Faites-vous plaisir et allez y!

 

mercredi 16 octobre 2013

Impatience


Les pieds qui s'agitent sous la table et les mains qui n'arrêtent pas de tripatouiller quelque chose. Il y a ensuite cette sensation d'oppression qui s'installe, l'impression de manquer d'air. Sans parler de l'irritation puis de l'agacement qui rend acerbe et lapidaire. Finalement, il n'y a plus qu'une envie : sortir !
Quitter la pièce en ouvrant la porte à la volée. Remonter le couloir et faisant tonner les talons impérieusement, furieusement. Vite, vite, vite dévaler les escaliers. Rester sourde aux interpellations des uns et des autres. Traverser la cour et atteindre le parking. La voiture. Contact. La rocade puis la quatre-voies. Avaler les kilomètres en s'obligeant à réfréner cette envie d'écraser l'accélérateur. La musique à fond et chanter à tue-tête pour libérer un minimum d'énergie. Allez, le temps ! Plus vite que diable !!!
Finalement la gare est au bout de la rue. Il n'y a plus qu'à attendre... Attendre ?!! Et ce train qui n'arrive pas... Plus vite que diable !! Faire les cents pas et creuser le béton du quai. Aller-retour... Aller-retour... Les mains s'agitent, le cœur s'emballe et s'énerve.
Le grondement de la berline et le crissement aigu des freins... Balayer frénétiquement du regard, chercher sa silhouette connue. Et reconnaitre cette démarche familière. Enfin être au creux de son cou et sentir son odeur... S'apaiser. Respirer. 

 

Ce texte est un petit jeu d'écriture proposé par Venise et relayé par Emilie, Greg et Lactimelle 

image trouvée
 

Brève d'automne


 Il y a la brume qui s'effiloche aux ronces et aux branches qui s'effeuillent parfois si paresseusement. La lumière, ambrée comme le miel, enrobe de sa caresse fraiche les collines alentour, cuivrant tout ce qu'elle effleure. L'air est encore doux mais le vent apporte les frimas venus du nord. C'est le mois des premières flambées et des premiers chocolats chauds devant la cheminée au retour de balade. C'est le mois des étoles duveteuses et des manteaux, des bonnets aussi. Des promenades sur des tapis éphémères rougeoyants qui crépitent sous les pas. C'est le temps des premières tailles et des dernières tontes, des récoltes tardives et des bouquets aromatiques qui sèchent aux poutres des maisons. Ce sont les dernières belles journées avant longtemps. Le temps du cocon et du nid douillet. Arrive avec lui le temps du partage autour des plats mijotés pendant des heures. Des longues soirées tranquilles, lovée dans un plaid, des histoires qui se découvrent et des secrets qui se chuchotent. Ce sont aussi les longues marches main dans la main et les bouts de nez froids. C'est un mois d'ors et de chaleurs douces. Celui qui précède les tempêtes d'hiver. Ces semaines là, la nature devient baroque, somptueuse et murmure à chaque rafale qui la met à nue « ne m'oublie pas... à l'année prochaine ». Et c'est la plus réjouissante des promesses. Je suis une fille d'Octobre et chaque année j'y retrouve un trésor qui m'enchante sans jamais me lasser. J'aime l'automne. 


 

lundi 14 octobre 2013

Ecrire

Un autre extrait des Carnets du grenier, redécouverts il y a peu. 12 ans déjà...

 30.08.2001 - 21h

Écrire pour garder en soi les possibles.

Écrire pour se révéler, grandir et s'ouvrir.

Écrire pour vivre et s'épanouir.

Écrire pour être.

Écrire pour dire et se dire.

Écrire pour exister dans l'éphémère fixé à jamais sur cette échappée lisse et blanche que sont les pages et qui après le passage de la plume ne sera plus une immensité vierge mais sera, au-delà de son effacement, un monde nouveau, découvert et marqué par moi, mes mots et mon sens.

Cette page est devenue mon Alaska, mon Everest ou mon Sahara.

Elle porte en elle l'effort, la peine, le doute, le soulagement et la fierté.

Elle porte en elle l'expiration ultime du point qui clôt l'avancée, tel un étendard infime mais définitif à jamais posé là, unique et si simple qu'il en paraitrait banal.

Et pourtant, c'est mon point, mon étendard, ma fin.


lundi 7 octobre 2013

Parts de Vous : Elisabeth

Vous connaissez "Parts de Vous" et vous vous exprimez régulièrement avec sensibilité, force, délicatesse, talent et conviction. C'est ce que j'apprécie tant dans vos écrits.

Lorsque j'ai reçu le texte d'Elisabeth, je me suis retrouvé plongée dans ma vie de jeune adulte. Pas du tout parce que j'ai vécu la même chose, non, mais parce que cela m'a renvoyé à certains événements et aux choix que j'ai pu faire alors. Et cela ravive cette question qui jamais ne me quitte : qu'est-ce qui fait que l'on arrive à prendre certaines décisions (salutaires) à certains moments alors même que les circonstances et qui on est à ce moment là pourraient nous entrainer résolument sur une autre pente, plus négative ou nocive... l'instinct de survie? Le libre arbitre? La raison? 

Pour l'instant, ce sont les mots d'Elisabeth qui comptent et la force de vie qui s'en dégage.  Elle a accepté que les commentaires soient ouverts mais n'y répondra pas forcément tout de suite.
"Novembre 1985. J'ai 12 ans et je suis en 5eme dans un collège de quartier ni vraiment bourgeois, ni tout à fait populaire. Les restos du cœur n'existent pas encore, et sur les ondes Balavoine chante Sauvez l'amour.

Ma vie d'alors est passablement compliquée, et je passe bien plus de temps à cacher des secrets d'adultes qu'à vivre. Déjà à cet âge je ne suis pas très sociable. Mais j'ai une amie. De celles qui vous éclaire de l'intérieur, par sa seule présence.

Nous venons toutes deux de familles atypiques. Les étiquettes nous collent aux baskets et nous les piétinons avec rage. Je sais depuis le premier jour que chez elle tout n'est pas rose. Elle a deux ans de plus que moi, et certains de ses amis sont bien plus âgés encore. L'âge des motos, des tatouages, et des cigarettes roulées.

Au fil des mois, se crée une passerelle entre plusieurs mondes. Je vais emprunter assez souvent la passerelle vers les copains plus âgés. Découvrir le plaisir des pointes de vitesse à moto, sans casque. Sans se tenir. Les slaloms à contre-sens sur l'autoroute. Imiter la signature de ma mère ; tailler les cours à la barbe des surveillants et essayer sans succès d'apprécier le goût du whisky.

Depuis quelques semaines, néanmoins je vois mon amie changer, elle maigrit à vue d’œil, et sa lumière semble vaciller. De mon côté mes prises de risques augmentent, je vais au conflit systématique. Je n'existe que dans la rage. Aussi quand il est question de rejoindre les copains plus âgés au squat je n'hésite pas. Je pense même essayer ces fameuses cigarettes, après tout pourquoi pas. Cela ne peut pas être pire que leur mauvais whisky.

Mais quand je les rejoins ce jour là, elle est déjà partie. Près d'elle abandonnée une seringue dont quelques gouttes perlent encore. Elle respire, sourit, mais la personne que je connaissais n'est plus là. Et j'ai beau la secouer, rien n'y fait. Elle ne VEUT pas revenir.
Subitement je vais voir. Vraiment. Les yeux vides, les mains qui tremblent un peu, juste un peu, le matelas répugnant de crasse posé à même le sol, ces sourires qui n'en sont plus depuis un moment déjà, les bouteilles vides qui jonchent le sol. Et je regarde mon amie, sachant que je ne peux rien faire. Sur ce chemin là, je ne peux pas aller.
Je finis par me laisser tomber à côté d'elle. Anesthésiée. Ne pouvant plus penser. C'est là que F va me tendre une autre seringue. Remplie.

Encore aujourd'hui j'ignore pourquoi j'ai refusé. La peur, sûrement. De perdre complètement pied. La seule chose qui me restait c'était le contrôle. Connaître les secrets, jongler avec les vérités. Le contrôle. Aussi dérisoire soit-il ...cette drogue l’annihilait.

Ce jour là, j'ai compris que dans ce vieux hangar rouillé je ne pouvais rien contrôler. Pas même ma peur. Celle qui m'a fait fuir.

Un mois plus tard. Elle quittait le collège, officiellement c'était dû à une mutation de sa mère ailleurs. Officieusement, personne ne savait comment gérer sa mutation à Elle.

J'ai appris que le contrôle est illusoire. Et vital. Tenter de tout prévoir, pour pouvoir s'adapter à l’imprévisible. Et lâcher les mains. A contre-sens du monde.


Partir effacer sur le Gange
La douleur
Pouvoir parler à un ange
En douceur
Lui montrer la blessure étrange
La douleur
D'un homme qui voudrait trouver
En douceur
Au fond de lui un reste de lueur
L'espoir de voir enfin un jour
Un monde meilleur

Balavoine "





mercredi 18 septembre 2013

Over ou au vert ? Dans tous les cas : lâchez-moi ...

Je vais vous parler de mes ovaires ou plutôt de l'utilisation que j'en fais. Que ceux – celles que cela choquent/dégoûtent/indignent/dérangent d'entendre parler de vagin, d'utérus et d'ovaires se dirigent tranquillement vers la sortie et vaquent à leurs occupations.

Qu'est-ce qui fait que je veux vous parler de mes ovaires ? En fait, je ne veux pas réellement vous parler de mes ovaires mais d'une situation qui découle d'un choix que j'ai fait il y a des années et qui n'est pas sans répercutions sur ma vie.

Sans enfant. J'ai décidé il y a des années (en y regardant, deux décennies déjà) que je ne souhaitais pas mettre d'enfant au monde. Plusieurs raisons à cela. Quand je regarde notre planète aujourd'hui, nucléaire, chimique et guerrière (entre autre) je ne pouvais juste pas me résoudre à faire naître un être qui aurait à grandir et évoluer dans un tel environnement.
Et puis, un peu plus de 10 ans à travailler dans la prévention et la protection de l'enfance ont profondément ancré mon choix.
Ce que je dis ne concerne que moi c'est à dire que je ne juge pas les personnes qui choisissent de devenir parents. Chacun a un rapport au monde différent. Je ne juge pas mais apparemment la réciproque n'est pas toujours vraie...
Nullipare... J'exècre ce mot à un point ! Il est laid. Dissonant. Il m'agresse, me dégoûte. Mais c'est le terme usité parait-il... Quand je regarde la définition dans le dictionnaire, ça donne quelque chose comme « qui n'a jamais mis bas ou accouché »... dont acte.
Donc, parée de ma nullité en la matière, j'arpente mon existence et je suis plutôt heureuse de la vie que j'ai. J'assume mes décisions, tranquillement.
Seulement voilà, pour je ne sais quelle raison, il semblerait que franchement c'est du grand n'importe quoi de ne pas vouloir être mère. Si, si ! Je vous assure !! Très régulièrement j'entends des réflexions ou j'observe des regards qui laissent entendre que j'ai du déposer mon cerveau en consigne le jour où j'ai fait ce choix.
Parce que c'est un marqueur social les enfants. Lorsque je rencontre des personnes que je ne connais pas (ou que je discute du sujet avec certains amis d'ailleurs) après la question de où je viens et de mon travail celle des enfants n'est jamais loin. Les personnes courtoises et polies prennent acte de ma réponse et passent à autre chose. D'autres changent de visage (consterné, grave, suspicieux, interrogateur, doutant...) ou s'expriment sur le sujet avec plus ou moins de délicatesse.
Petit florilège des réflexions qui émanent à 95% de femmes, je le précise :

  • « Ah nan, mais chai pas comment tu fais... » : je me souviens avoir répondu un jour que c'était ce à quoi servait la contraception mais je crois que ça n'est pas ce que voulait dire la personne qui a été choquée de ma réponse.
  • « Tu n'en veux pas... pour l'instant » : effectivement n'étant qu'une femme décérébrée et incapable de réfléchir à ce qu'elle veut, je ne PEUX PAS avoir décidé une telle chose. Plus les années passent plus je trouve cette remarque ridicule. Entendre ça à plus de 40 ans me donne maintenant envie de rire, ce que je fais souvent en disant que je suis en DLUO* dépassée de mes ovaires. Zut, je choque encore !
  • « Tu n'as pas rencontré la bonne personne pour les faire, c'est tout » : La bonne personne ? LES ? … no comment
  • « Ma vie a pris un sens le jour où je suis devenue mère, tu verras... » : Tout ce que j'espère c'est que que tu as réfléchi au sens de ta vie (et au sens que cela avait d'avoir des enfants) AVANT la maternité parce sans vouloir bitcher : c'est avant et pas après qu'il faut se poser la question... Rassurez-vous, je me tais en général et je hoche la tête.
  • « T'es une vraie féministe toi !» : là, comment vous dire... J'en suis restée bouche-bée avant d'exploser d'un rire consterné qui a vexé mon interlocutrice.
Et puis, il y a les remarques qui me blessent même si je ne le montre pas. Celles qui viennent toucher au cœur et font sourdre des larmes invisibles.
  • « Tu n'aimes pas les enfants » généralement dit d'un ton un peu méprisant ou affirmé, venant me juger sans même connaître et me cataloguant comme... je ne sais pas quoi en fait. Effectivement je n'aime pas tous les enfants de la planète mais généralement je les kiffe. Les enfants m'émerveillent. Leur capacité à découvrir le monde, à s'étonner, à s 'exprimer. Leur intelligence, leur malice, leur grâce... Je pourrais écrire des pages sur eux mais ça n'est pas le propos. C'est peut-être parce que je les aime que je préfère ne pas en porter et en mettre au monde.
  • «Ah oui t'es une égoïste toi » : ah... si tu le dis, je dois être une horrible égoïste de ne pas vouloir devenir mère... Je crois qu'il vaut mieux ne pas l'être que d'en être une mauvaise, mais c'est juste mon point de vue hein.
  • « De toute façon, on ne deviens femme que lorsqu'on devient mère » : là, c'est simple Je.t'emmerde.et.je.conchie.ce.que.tu.dis. Ça me met en rage d'entendre de tels poncifs et je me demande toujours « mais alors, que suis-je à tes yeux ? » mais je ne le verbalise pas. Être une femme ce n'est pas juste avoir vagin-utérus-ovaires à des fins maternisées et des seins. Et heureusement bon sang ! Je me sens, je suis femme de toutes les manières possibles et je crois que je ne suis pas la seule à penser que j'en suis une, de femme...
J'ai eu des moments où je me suis posée la question. Parfois cela me traverse encore l'esprit. Je m'éclate lorsque je suis avec les enfants. Je suis Tata de sang et de cœur d'une flopée de petits (et grands), marraine aussi. Je suis imbattable sur le changement de couches, les bibs, les Duplo et les Kapla. J'adore lire des histoires et mimer les animaux. Les bébés s'endorment assez facilement dans mes bras et je ne suis pas avare de câlins lorsque les petits bras se tendent. J'étais là et ai assisté, avant leurs parents, aux premiers pas de ma nièce ou de mon filleul. J'ai tenu des mains, ramassé des tonnes de cailloux, de brins d'herbes, de coquillages. J'ai sauté dans des flaques d'eaux et joué à chat. J'ai séché des larmes et j'en ai, malgré moi, suscité parfois. J'ai descendu des pistes vertes en chasse-neige avec des minis accrochés à mes mains ou à mes genoux. Avec les plus grands, j'ai des discussions plus sérieuses et je reçois parfois des confidences. Et tant d'autres choses... Mais être parent n'est pas un engagement en CDD. C'est un CDI dont on ne démissionne pas , en général. Donc, non.

Alors une partie de la société me regarde comme une espèce de singularité qui ne veut pas se plier aux codes sociétaux ancestraux. Sans parler des effets inattendus que cela a eu sur ma vie professionnelle.
Par exemple, lorsque je travaillais dans MonAssoDavant, il était écrit dans le règlement intérieur que les parents avec enfants en âge scolaire étaient prioritaires, en cas de «litige », pour prendre leurs congés sur les temps de vacances scolaires justement. Donc plusieurs fois, je me suis fadé des permanences, j'ai du décaler des dates parce que les collègues « avec enfants » étaient prioritaires. Ah bah oui quand t'es statutairement célibataire (= pas mariée ou pacsée ou officiellement en couple) ET sans enfants.. mais ma pauvre quoi ! Forcément t'as pas de vie et tu dois assurer les bouses de planning... Le jour où j'ai ouvert ma grande gueule de celle qui ne sait pas se taire et ai commencé à interroger ça, on m'a regardé avec des yeux ronds et en fronçant les sourcils. J'ai même osé prononcer quelque chose comme « c'est une forme de discrimination »... Que n'avais-je dit !!! Alors quand j'ai ajouté qu'avoir des enfants était un choix personnel et non une compétence professionnelle et qu'autant on nous demandait d'avoir une voiture personnelle mais que avoir des enfants n'était pas une obligation pour être embauchée à MonAssoDavant... C'est marrant mais même les plus ouverts et progressistes de mes collègues (parents eux-même) ont protesté. Ça n'est pas arrivé souvent en plus de dix ans mais c'était néanmoins écrit donc institutionnalisé.
Parce que ne vous en déplaise (je sens que je vais en hérisser quelques-un-e-s...^^) fonder une famille, élever des enfants, cela relève du choix personnel (comme de ne pas en avoir d'ailleurs). Et j'ai assez lu que c'était illégal de demander en entretien d'embauche si on avait des enfants, si on voulait en avoir, si on était marié, etc …Et que c'était discriminatoire de tenir compte de ces critères pour le recrutement.
Donc, faut être cohérent : si c'est discriminatoire de se baser sur ces critères pour une embauche, ça l'est tout autant de les utiliser afin d'avoir des avantages par rapports à d'autres salariés. Autant, les primes de crèches, jours de congés supplémentaires, primes de mariage, naissance, passent encore parce que cela n'avait aucune incidence sur l'exercice des fonctions. Mais cette histoire de congés... J'ai bien tenté d'expliquer que mes poissons rouges et mes plantes vertes avaient besoin de mon attention mais étonnamment ça n'a pas eu l'effet escompté. Et j'avais à chaque fois une pensée pour cette collègue qui n'avait pas pu avoir d'enfants alors qu'elle et son mari en voulaient tellement...
Plus sérieusement, mon compagnon de l'époque avait des enfants donc les vacances en « famille » ... Ou plus simplement les vacances avec les amis ayant des enfants en âges scolaires... On peut être célibataire sans enfants et avoir une vie personnelle imprégnée malgré tout par les rythmes des enfants, des autres...

Bref, tout ça pour dire que lorsque j'ai fait le choix de ne pas utiliser mes ovaires et mon intimité interne à des fonctions reproductives, je ne pensais pas que cela pouvait avoir ces incidences (et d'autres...).
Ce qui m'agace le plus est que je suis souvent taxée d'intolérance vis à vis des familles lorsque je m'exprime sur le sujet. Genre une femme dans le style NoKidsWarrior. Ça doit être ça...
Juste... en quoi ça peut déranger qui que ce soit, expliquez-moi ça voulez-vous ?!

* DLUO : Date Limite d'Utilisation Optimale 
 

mardi 17 septembre 2013

Parts de Vous : Grégoire

J'aurais bien publié ce billet sans vous reexpliquer en quoi consiste « Parts de Vous » mais j'ai l'impression qu'il y a de nouveaux lecteurs sur le blog ces derniers temps et je souhaite qu'ils se sentent ici à l'aise, comme chacun-e. Alors cliquez là, oui , et vous aurez l'explication de la genèse de la chose.
Cette rubrique, ce partage, je l'aime vraiment beaucoup. Vous m'envoyez des textes si différents et pourtant dans tous j'y retrouve une sincérité et une émotion sans cesse renouvelées. Donc, continuez ! Écrivez !
Aujourd'hui, c'est Grégoire qui vient poser ses mots ici. Grégoire, vous le connaissez, mais si!! C'est un ciseleur de mots, un caustique parfois poète (à moins que cela ne soit l'inverse) et un homme au solide sens de l'humour. Un homme qui gagne à être connu...Vous avez deviné j'espère?!!
Je ne vais pas vraiment présenter davantage ce qu'il a écrit ni ajouter quoi que ce soit si ce n'est que je suis très honorée qu'il ait eu envie de venir par ici...

« Quoi de plus compliqué que de trouver dans son histoire ou la représentation que l'on se fait de cette dernière, quelque chose que l'on pense pouvoir un intérêt pour autrui...
Quand j'ai lu sur ce blog, que tous devraient connaître, cette invitation à livrer un bout de soi, je me suis dit "ce n'est pas pour moi... Qu'aurais-je à raconter ?"
A vrai dire cette question, je me la pose encore.... Car, enfin, je n'ai pas une vie très aventureuse... Je vis bien, mais pas dans l'outrance non plus. Je n'ai pas naturellement tendance à l'acte passionné ou dangereux ou à l'engagement intenable.
Et pourtant, je ressens le besoin de répondre à cette invitation... Cruel dilemme ! 

Je ne vous raconterai pas toutes les bonnes choses que j'ai fait pour autrui, car si je les ai faites c'est pour autrui et non pour en tirer une gloriole quelconque
Je ne vous raconterai pas tout le mal que j'ai pu faire à d'autres, parce que je n'en tire assurément aucune fierté et j'aurais le sentiment de les trahir une fois encore...
Je ne vous raconterai pas les émotions ressentis lors de la naissance de mes enfants, d'abord parce que j'étais égayé par le bon vin, les deux fois, et surtout parce que même si les mots que je pourrais mettre dessus ne vous brûleraient pas les yeux je serais obligé de les inventer et qu'ils vous seraient incompréhensibles....
Je ne vous raconterai pas comment j'ai rencontré leur mère sur internet, surtout que ce n'était pas sur Meetic ou autre... Mais surtout c'est elle qui le raconte le mieux, avec l'accent et tout....
Je ne vous raconterai pas comment on passe d'étude d'ingénieur en mécanique à l'informatique d'intégration pour la publication parce que ce n'est pas un conte des 9 nuits.... (Une blagounette  se cache dans cette dernière phrase)

Et puis si tu me suis sur les divers réseaux sociaux auxquels je participe, et je t'y invite car je gagne à être connu, tu verras qu'en fait, tel un petit poucet numérique, des parts de moi j'en laisse traîner partout....

Et là, je crois que j'en ai laissé ici un gros bout .... »

mercredi 11 septembre 2013

Il n'y a pas d'âge pour les leçons...

Je peux être une tête de mule. Une vraie. Pour certaines choses ça frise l'entêtement aveugle. Après tout, je suis une adulte responsable qui s'est toujours débrouillée et qui n'a besoin de personne pour lui dire ce qu'elle a à faire. Et encore moins besoin de qui que ce soit pour l'aider à faire quoi que ce soit.

Il se trouve que j'ai engagé mon master avant d'avoir validé ma licence. Je pouvais le faire et ça n'était pas un problème. Donc, il y a un an, lorsque j'ai débarqué à Paris pour continuer mon cursus, j'avais bien en tête que je devrais faire mon dossier de validation mais que j'avais le temps. J'avais eu la responsable pédagogique au téléphone qui m'avait expliqué un certain nombre de choses dont « inscrivez-vous quand même chez nous même si vos cours sont à Paris, on vous accompagnera pour la licence ». Oui, vous voyez, outre le dossier administratif pur de validation, il y a aussi un écrit de l'expérience professionnelle à rendre. On ne rigole pas avec la Psychologie. C'est du sérieux. Et vu que GrandSachemGnourynquologue a décrété qu'il allait modifier les contenus de la licence pour que ce soit encore plus sérieux, il y avait une échéance.
Donc madame ResponsablePédago m'encourage fortement à me faire aider dans mes démarches. Je réponds « oui oui » en pensant très fort « non non et puis quoi encore, je sais mettre des croix dans des cases, fournir les photocopies et expliquer ce que je faisais avant ». Et puis je me dis que j'ai un an et que je suis laaaaarge !

Paris, les cours, la découverte de ce qu'est un master, les allers-retours, le boulot par dessus la tête, les paniques, les potes, la ville, la campagne... Bref, la vie, l'amour, les vaches. Ça occupe une existence tout ça.

Le temps s'échappe à une vitesse folle et la réalité vient frapper à mon écran d'ordi un matin : date limite de dépôt des dossiers 1er septembre 2013. Oups, me dis-je... Il me reste un mois... J'écris la fameuse bafouille, en partie. Je commence à mettre des croix dans les cases et je plonge dans mes cartons d'archives pour retrouver les justificatifs demandés : diplômes, c'est bon ; attestations de réussite aux UE, c'est bon ; attestation de réussite à l'examen de... attestations de réussite... Où est cette fichue attestation de réussite ? La panique me saisit d'un seul coup. Pas le coup de flippe non la vraie panique qui fait trembler les mains qui paralyse et qui met la tête à l'envers. Je retourne tout et je ne retrouve pas cette fichue attestation dont on m'avait dit à l'époque qu'il ne serait pas délivré de duplicata.
Je finis par décrocher mon téléphone et appeler madame ResponsablePédago, celle d'il y a un an. Qui me renvoie vers monsieur Jesuislàpourça. Je finis par l'avoir de vive voix et je ne suis pas fort détendue. Il me dit qu'il entend ma demande et mon inquiétude, qu'il se renseigne et me rappelle. Ce qu'il fait le lendemain matin. La bonne nouvelle, c'est qu'ils avaient scanné la dite attestation à l'époque et il peut donc me l'envoyer par mail. On discute plus avant du dossier de licence et là « il vous manque une UE dans votre cursus » ... « que... je... non non non !!! » … « je ne vois pas votre UE de Statistiques » soulagement ! J'en suis dispensée ce que je lui dis. Ça fait depuis le début de ma formation (donc plusieurs années...) qu'on me dit que je suis dispensée, que non il n'y a rien à faire et que tout va bien. « Vous avez fait votre demande VES pour la dispense ? » … « VES ? Koicéça ? » … Je vous passe les détails de l'échange avec le très impassible mais néanmoins aidant monsieur Jesuislàpourça. Au final, j'apprends que j'ai un dossier de 15 pages à compléter pour faire entériner cette dispense d'UE et qu'il faut verser au dossier, entre autre, les notes obtenues au diplôme d'éduc' et le programme de formation suivi à l'époque... « Bonjouuuuuuuuuuur !! Je suis Serval Frayer:-D Ancienne élève d'il y a presque 20 ans, remember me ?? kikoulol... » Et bien, j'avais les infos demandées dans la journée. Je n'en suis pas revenue. Ils ont été supers ! Ah tiens, j'avais besoin d'un coup de main et ils me l'ont fournis sans délai...

J'ai aussi un autre document à fournir, pour la licence, et là, ça va pas être de la tarte parce que je dois le demander à mon ancien employeur. Mais si voyons, MonAssoDavant... C'est pas gagné.

Monsieur Jesuislàpourça m'accompagne pas à pas dans mes démarches depuis le 1er coup de fil. Madame ResponsablePédago lit mon écrit pour me conseiller s'il y a des modifications à faire afin que mon dossier ait toutes ses chances. Mes divers dossiers sont en cours de constitution et presque terminés. Mais rien ne garanti que cela passera au niveau de Paris. Après tout c'est GrandSachemGnourynquologue qui statue en commission après examen des dossiers.
Vous me direz : pourquoi ne pas avoir sollicité Paris directement et plus tôt ? C'est simple, Paris a dit dès le début que c'était à chacun de se débrouiller individuellement et que les profs n'étaient pas là pour ça.
Si mon dossier n'est pas validé cette année, il faudra que je passe une ou deux UE complémentaires. Pas la mer à boire mais du boulot en plus de celui demandé dans le cadre du Master.

Et là, je réalise que j'ai reçu une leçon magistrale et cette fois-ci je ne suis pas prête de l'oublier. A toujours vouloir faire les choses seule parce que « même pas peur, même pas mal, je suis une warrieuse », là, j'ai déconné. En grand. En technicolor 16/9ème.
Si ResponsablePédago m'a dit tout ce qu'elle m'avait expliqué il y a un an, ça n'est pas que je n'étais pas capable mais juste que les dossiers sont complexes et que leur souci est de nous accompagner pour que cela marche pour nous, pour que l'on réussisse... Et moi, tête de mule obstinée, j'avais décrété que je n'avais besoin de rien ni de personne pour avancer. Erreur. Erreur monumentale. Et qui a des conséquences. Rien de grave mais un peu embêtant quand même.
Si je les avais sollicités, si j'avais écouté les conseils, si je n'avais pas été si égocentrée « je peux tout faire toute seule vous croyez quoi », je n'en serais pas rendue là aujourd'hui. Si... Si... Si...

Les choses suivent leur cours et il se passera ce qui doit se passer.

Deux leçons majeures reçues coup sur coup. La première est que ça n'est pas une infamie de se faire aider. Si on me l'a proposé c'est qu'il y avait une raison. Ma licence n'aura pas plus de valeur parce que je me suis débattue toute seule dans les méandres administratifs. J'y aurai perdu beaucoup d'énergie, gagné quelques cheveux blancs supplémentaires et des crises d'acidité stomacale. Non, ma licence sera validée parce que j'ai passé toutes les UE, rendu un écrit cohérent et transmis un dossier clair et complet. Il le sera. Aussi grâce à madame ResponsablePedago et monsieur Jesuislàpourça. Accepter l'aide proposée...
La seconde est plus subtile pour moi mais tout aussi importante. Depuis toujours, je fais confiance à ma « bonne étoile ». Après tout, je m'en suis toujours sortie même quand c'était à l'arrache. Donc je pouvais avoir une attitude un peu détachée. Genre : « boh, ça va s'arranger t'façon ». Terminé ça ! La situation est aussi ce que j'en fais. J'ai mal préparé cette échéance, je me suis plantée. Avoir confiance est une chose. Être dilettante en est une autre. Faire preuve de rigueur a son utilité...


J'avance, j'avance... Et j'apprends... Encore et toujours.




mardi 27 août 2013

Baiser

12.05.04

« baiser au goût d'éternel et d'inachevé »

Évocation de l'empreinte...
.... de la sensation du premier baiser.
 La sensation qui revient, qui s'invite et qui crée le creux du sentiment au ventre, l'anticipation et le manque, l'excitation et la douceur, le cœur qui tombe au fond de l'âme puis qui s'emballe.

Après vient l’apaisement de la certitude d'une nouvelle fois et du renouvellement de ce toucher intime et délicieux, l’expectative du désir et de l'incertitude de la douceur tendresse.

Edit : retrouvé dans un carnet sans autre mention

vendredi 16 août 2013

Parts de Vous : Augustine

Ai-je encore besoin de vous expliquer le principe de "Parts de Vous"? Chaque texte reçu est singulier, unique et pourtant si universel. Et j'en veux encore vous savez! Et vous aussi semble-t-il car vous lisez ceux que je mets en ligne... Qu'attendez-vous pour vous exprimer? Je n'attends plus que vous! 

Aujourd'hui, c'est Augustine qui nous livre une part d'elle qui m'a profondément touchée. Je me suis sentie particulièrement concernée car ce qu'elle partage, une amie l'a vécue à sa manière. j'étais extérieure à cette aventure mais assez proche pour en suivre les étapes. Ce texte a été une magnifique surprise car je ne m'attendais pas à le recevoir ni de cette personne qui a choisit ce pseudo pour aujourd'hui. Je la remercie du fond du cœur.

Elle nous parle d'un moment qui a changé sa vie à jamais...

Augustine a accepté que les commentaires soient ouverts sans savoir encore si elle vous répondra ou non. 
Chacun peut avoir un point de vue sur la question, cela ne veut pas dire que cela peut être exprimé n'importe comment. En ce qui me concerne, si je constate le moindre dérapage, je supprime ce qui est dit. Aucune tolérance. 

Place à Augustine et à sa "Petite Pâques" :

"La petite ligne est formelle: je vais être maman! D'accord, petit bonhomme vient à peine de s'installer, et nous ne savons pas encore que les mois à venir ne vont pas être simples, mais il est bien là, et c'est déjà un miracle.

Je vais être maman, et pourtant je ne suis pas enceinte. Je sais même depuis trois jours que je ne le serai jamais. J'ai essayé, beaucoup, pendant plusieurs années. Mais cet été, nous avons décidé de renoncer si aucun petit Jésus ne s'annonçait avant Noël. Et voilà, décembre est déjà là et mon tout dernier essai a échoué vendredi.

Un vilain mot me trotte dans la tête : nullipare. Le terme technique pour parler des femmes qui n'ont jamais porté d'enfant. Mes larges hanches et mes seins lourds étaient pourtant faits pour ça, non ? Non. Nullipare. Nulle. Nulle. Nulle. Nulle part. Même pas stérile, si ça se trouve. Dans d'autres circonstances j'en serais peut-être déjà à coudre à la chaîne les costumes de fête de fin d'année. Non, nullipare. Presque comme si je l'avais choisi.

Je prends le temps des bercer ma tristesse, bizarrement assez légère. Je m'attendais à ce dernier échec, j'avais eu le temps de m'y préparer. Et puis je ne me sens pas vide. Pas du tout. La vie bouillonne, là, pas loin. Le dimanche matin, la petite ligne bleue vient le confirmer. Ma compagne est enceinte ! Son dernier essai à elle aura été le bon. Elle rigole et parle d'un but à la 94e minute, sur la toute dernière action du match.

Pour moi, c'est une petite Pâques. Mon fils a attendu que je renonce complètement à être sa mère de sang et de droit pour pointer le bout de son nez. Il ne serait pas là si je ne l'avais pas ardemment désiré, mais il ne me doit rien. Il a tenu à ce qu'il n'y ait entre lui et moi qu'un seul et unique lien, le plus fragile, le seul qui compte vraiment : l'amour."